30 juin 2017

La vérité sur Alice



       Au lycée de Healy, la vérité est une question de point de vue. Alice Franklin est une trainée. Tout le monde le sait. C'est forcément vrai puisque c'est écrit partout sur les murs des toilettes. On dit qu'elle a couché avec deux garçons d'affilée et qu'elle a provoqué la mort de l'un d'entre eux.
Tout le monde a sa vérité sur Alice : son ancienne meilleure amie, l'entourage de la victime, son admirateur secret...
Quelle sera la votre ?


     Casé dans mon ABC Challenge 2017, j’ai croisé ce livre au détour d’un rayonnage à la bibliothèque (pour une fois que je regarde le rayon jeune). Ni une ni deux, je l’ai emprunté et lu sous deux semaines, ce qui ne m’est pas arrivé depuis… longtemps.

       Tout commence un soir de fête. Les jeunes d’une petite ville se réunissent pour une raison quelconque. Le lecteur n’est cependant pas convié à la fête, il sera simplement à l’écoute de « témoignages » des concernés, des présents, des proches ou des moins proches d’Alice pour relater comment évolue ce processus de harcèlement.
       Au départ, il est dit qu’Alice aurait couché avec deux garçons au cours de la même soirée, ce qui la catapulte au rang de fille facile, pour ne pas dire autre chose. Tombée dans l’oreille d’une ex, la nouvelle va prendre une ampleur impossible, et c’est à partir de là qu’il faudra savoir démêler le vrai du faux. Entre mensonges et manipulations, volonté de bien se faire voir et celle d’amuser la galerie, toutes les raisons seront évoquées pour descendre une élève qui ne cherchera même pas à lutter.
       Au milieu de la froideur de cette hécatombe de méchancetés, une lueur d’espoir. Belle, pure mais aussi timide, elle nuance le récit et l’empêche de tomber dans une noirceur qui n’aurait pas convaincu un jeune public. La fin se termine ainsi, sur cette note d’espoir.

       Je dois dire que je n’ai pas été totalement convaincue par la force du récit. Si certains faits relatés peuvent réellement mettre à mal la confiance d’une personne en elle, cela manquait encore d’intensité dans la cruauté. Enfin, j’ai conscience que je dois passer pour une sadique en disant cela, mais faut bien dire que c’est la seule pensée qui m’a traversé en refermant ce livre.
       De plus, tout se passe réellement trop vite. En rapport avec la forme du récit qui alterne les points de vue des divers protagonistes (hormis Alice dont la pensée est mise à l’écart), l’intérêt reste concentré sur des mêmes événements et si certaines paroles posent quelques énigmes, j’ai trouvé que ça manquait de développement dans l’ensemble. L’auteure aurait pu faire traîner les choses dans le but de créer une tension palpable qui rendrait le harcèlement plus convaincant. Je ressors déçue de ce côté-là.

       Les personnages sont en revanche plein de réalisme. Enfin, au début je pensais tout l’inverse, à la limite de la superficialité, mais c’est généralement cela qui conduit un individu au harcèlement. Vouloir se mettre en avant, se venger, il faut réellement manquer d’altruisme pour cela.
       Alice est un personnage abandonné (sans blague). Mais même par le lecteur, on éprouve de la difficulté à s‘attacher à ce bout de femme car elle reste dans son coin et nous n’avons pas accès à ses pensées.
       Kelsie et Elaine font parties des superficielles. Meilleure amie et « ennemie », elles vont être à l’origine de tout dans cette histoire, ce qui les rend antipathiques par définition.
Josh est un personnage bien plus complexe, peut-être le plus de tous. Il semble habité par des émotions contradictoires qui tendent à l’interroger sur ses intentions, sur son implication dans cette histoire. La rencontre avec la police va également être déterminante dans la perception de ce personnage.
Kurt. La gentillesse incarnée et le stéréotype incarné. Si j’ai apprécié le premier aspect, j’ai haï le second si bien que je suis assez mitigée sur ce personnage.

La plume rend l’histoire facile à lire, convenant à différents types de lecteur. Plume simple et sujet important, bon mélange pour aiguiser l’intention.
   

     La mayonnaise a moyennement pris avec moi, malheureusement. Le style me convenait et je suis contente que le livre ait été si court car je n’aurai pas supporté d’en lire plus sans avoir davantage de détails et de cruauté, deux choses impossibles si on souhaitait rester dans l’objectif d’un jeune lectorat. C’est donc un bon roman comme première expérience dans ce thème, mais cela aurait pu être bien mieux.



13/20

2 commentaires:

  1. Globalement, je partage ton avis. La façon dont évolue l'intrigue ne m'a pas emballée.

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    1. Je suis contente de voir que je ne suis pas la seule à le penser, je me sens moins sadique ^^
      Mais c'est dommage d'avoir une thématique à potentiel et ne pas suffisamment l'exploiter...

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